Dix jours après son lancement, la campagne de vaccination contre la grippe avance plus lentement que d’habitude au comptoir des officines. Les chiffres publiés le 30 octobre par Le Moniteur des pharmacies, à partir des données IQVIA Pharmastat, montrent un démarrage en retrait. Rien n’est joué pour autant : la saison grippale n’a pas commencé, et l’essentiel des vaccinations se fait en général en novembre.
Plan de l'article
Ce que disent les premiers chiffres de la campagne #
Au 23 octobre 2026, les pharmacies avaient délivré 3,2 millions de doses de vaccin antigrippal, contre une référence de 3,5 millions lors de la campagne précédente. Le recul atteint 9,33 %, selon IQVIA Pharmastat cité par Le Moniteur des pharmacies.
Le nombre d’actes de vaccination réalisés, lui, baisse beaucoup moins : 2 millions d’injections, soit 2,99 % de moins que la référence. Autrement dit, les patients qui passent à la pharmacie se font toujours vacciner ; c’est surtout le volume de vaccins délivrés qui marque le pas.
Côté officines, la mobilisation progresse. Toujours selon la même source, 18 210 pharmacies participent à la campagne, soit 164 de plus que lors de la référence précédente. Davantage de comptoirs vaccinent donc, sans que cela se traduise pour l’instant par plus de doses.
Pourquoi un démarrage aussi poussif ? #
Un automne doux et un virus encore discret
La première piste avancée est météorologique. Quand les températures restent clémentes et que les infections respiratoires circulent peu, la grippe paraît lointaine. Les patients repoussent alors le rendez-vous, parfois sans s’en rendre compte. Le Moniteur des pharmacies précise que cette hypothèse reste à documenter.
Les données épidémiologiques vont dans le même sens. Dans son bulletin du 28 octobre, Santé publique France indiquait que les indicateurs de la grippe restaient à leur niveau de base dans toutes les régions de l’Hexagone. Rien, donc, qui crée un sentiment d’urgence.
Une communication qui peine à déclencher le geste
L’Assurance maladie n’a pourtant pas lésiné. Près de 21 millions de personnes ont reçu une invitation à se faire vacciner, une campagne médiatique a démarré le 17 octobre, et 250 000 assurés doivent bénéficier d’un accompagnement téléphonique à partir de novembre. Reste à savoir si ces relances suffiront à transformer l’invitation en rendez-vous.
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De fortes différences selon les régions #
Les volumes varient beaucoup d’un territoire à l’autre. Chez les moins de 65 ans, la Normandie compte 217 doses délivrées pour 10 000 habitants, devant les Hauts-de-France (204), la Bretagne (201) et l’Île-de-France (190). À l’inverse, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche 142 doses pour 10 000 habitants et la Corse seulement 79.
Ces écarts ne mesurent pas directement la couverture vaccinale. Les volumes sont rapportés à toute la population de la tranche d’âge, et non aux seules personnes pour qui le vaccin est recommandé. Ils donnent toutefois une idée des territoires où la campagne prend plus vite.
Qui est concerné et comment se faire vacciner #
Selon ameli.fr, la vaccination est recommandée chaque année aux personnes de 65 ans et plus, ainsi qu’aux personnes plus jeunes exposées à une grippe sévère : femmes enceintes quel que soit le terme, personnes atteintes de certaines maladies chroniques (respiratoires notamment), enfants à partir de 6 mois concernés par ces affections. Les publics prioritaires sont vaccinés en premier pendant les quatre premières semaines de la campagne.
La composition du vaccin change chaque saison pour suivre l’évolution des virus en circulation. La protection de l’an dernier ne suffit donc pas : il faut renouveler l’injection chaque automne.
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Les personnes ciblées reçoivent un bon de prise en charge de l’Assurance maladie. En cas de perte, ou si vous n’en avez pas reçu alors que la vaccination vous est recommandée, votre médecin, votre pharmacien, votre infirmier ou votre sage-femme peut vous en remettre un. Il est aussi possible de recevoir les vaccins contre la grippe et contre le Covid-19 au cours d’une même séance.
Pourquoi ne pas attendre l’épidémie #
Le principal risque d’un démarrage lent, c’est de se faire vacciner trop tard. Le médecin-conseil national de l’Assurance maladie rappelle, cité par Le Moniteur des pharmacies, qu’il faut environ deux semaines pour que la protection soit optimale après l’injection. Attendre les premiers signes de l’épidémie pour se décider réduit d’autant cette marge.
Rien ne permet encore de conclure que la campagne sera moins bonne que la précédente. Les actes de vaccination reculent nettement moins que les doses, et les relances prévues en novembre peuvent relancer la demande. Les prochaines semaines diront s’il s’agit d’un simple décalage dans le temps ou d’une moindre adhésion.
Le conseil du comptoir #
Si vous faites partie des publics concernés, inutile d’attendre le premier froid. Apportez votre bon de prise en charge et votre carte Vitale à la pharmacie : la vaccination s’y fait le plus souvent sans rendez-vous, et votre pharmacien peut vous dire en quelques minutes si le vaccin vous est recommandé. C’est aussi l’occasion de faire le point sur la vaccination contre le Covid-19 si vous y êtes éligible.
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Pour un proche âgé ou fragile qui hésite, le meilleur argument reste le calendrier : se faire vacciner en novembre, c’est être protégé avant que le virus ne commence vraiment à circuler.




