Champignons : faire contrôler sa cueillette en pharmacie, un réflexe qui se perd

Montrer sa cueillette au pharmacien avant de la cuisiner reste le bon réflexe en cas de doute, mais il devient moins évident à pratiquer. Plusieurs titres de presse régionale le constatent cet automne : moins de pharmaciens se sentent à l’aise pour identifier les champignons, alors que la saison 2026 est déjà marquée par des centaines d’intoxications.

Une saison déjà chargée en intoxications #

Selon une dépêche de l’AFP du 20 octobre, plus de 700 cas d’intoxication ont été recensés depuis septembre. Environ 500 ont été signalés aux centres antipoison en septembre, et plus de 200 depuis le 1er octobre, d’après l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

La même dépêche rappelle le bilan de 2025 : environ 1 500 intoxications sur l’année, avec un pic de plus de 600 cas en septembre. La plupart des cas étaient bénins, avec des troubles digestifs, mais environ 3 % étaient graves. Un patient est mort et trois ont eu besoin d’une greffe de foie.

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Les années précédentes donnent la même image. Sur sa page de prévention, l’Anses indique qu’entre le 1er juillet et le 31 décembre 2024, 1 363 personnes présentant des symptômes ont contacté un centre antipoison en France hexagonale. 3,1 % des cas étaient graves, dont trois décès et trois insuffisances rénales chroniques.

Le passage à l’officine, « une pratique qui se perd » #

Le conseil en mycologie fait partie depuis longtemps des missions de l’officine, à côté de la délivrance des médicaments, du dépistage ou de la vaccination. Mais Ouest-France s’est demandé fin octobre, dans la Sarthe, si ce passage à la pharmacie après la cueillette n’était pas « une pratique qui se perd ».

Le 5 novembre, L’Union fait un constat proche dans le Soissonnais, où les pharmaciens perdent de l’intérêt pour les champignons. Le journal titre sur une inquiétude : « Il va y avoir de plus en plus d’intoxications ».

Pour le cueilleur, la conséquence est pratique : avant de venir avec son panier, mieux vaut appeler sa pharmacie pour savoir si quelqu’un pourra examiner la récolte.

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Ce que recommande l’Anses #

Dans sa page de prévention sur la cueillette, l’Anses rappelle que la confusion entre une espèce comestible et une espèce toxique est la principale cause d’intoxication. Viennent ensuite la mauvaise conservation, les champignons abîmés, une cuisson insuffisante ou une consommation trop abondante.

Ses conseils sont simples :

  • ne ramasser que les espèces que l’on connaît parfaitement ;
  • en cas de doute, faire contrôler la récolte par un pharmacien ou une association de mycologie, y compris les champignons que l’on vous a offerts ;
  • ne jamais donner de champignons sauvages à de jeunes enfants ;
  • ne pas se fier aux applications d’identification sur smartphone, qui se trompent souvent ;
  • cuire les champignons sauvages au moins 20 minutes.

Pourquoi les applications ne suffisent pas

Une photo ne montre ni l’odeur, ni la base du pied, ni la couleur des lames sous tous les angles. Or ce sont souvent ces détails qui séparent un champignon comestible de son sosie toxique. L’Anses cite par exemple l’amanite phalloïde, souvent confondue avec la coulemelle, qui peut provoquer une atteinte du foie parfois mortelle.

Si la pharmacie ne fait plus le contrôle #

Si la pharmacie de quartier ne fait plus ce contrôle, l’Anses cite l’autre interlocuteur possible : les associations de mycologie. Et si le doute persiste, sa règle est claire : on ne mange pas la récolte.

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Le contrôle ne dispense pas non plus des autres précautions. Un champignon bien identifié peut rendre malade s’il a été mal conservé, s’il est abîmé, pas assez cuit ou consommé en trop grande quantité, rappelle l’agence.

En cas de symptômes #

Les intoxications se manifestent surtout par des troubles digestifs : douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhée. Selon l’AFP, l’Anses recommande, dès l’apparition de symptômes, d’appeler sans attendre un centre antipoison ou le 15.

L’Anses signale aussi que le clitocybe de l’olivier peut provoquer des troubles digestifs sévères et une déshydratation. Mieux vaut donc ne pas attendre que les symptômes passent d’eux-mêmes.

En résumé #

Plus de 700 intoxications aux champignons ont été recensées depuis septembre. Le pharmacien reste un interlocuteur recommandé par l’Anses pour vérifier une cueillette, mais toutes les officines ne le proposent plus : appelez avant de venir, ou adressez-vous à une association de mycologie. En cas de doute, ne consommez pas, et en cas de symptômes, appelez un centre antipoison ou le 15.

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