Inhibiteurs de Janus kinase : la prescription possible en ville depuis le 22 octobre

Depuis le 22 octobre 2026, cinq traitements de la famille des inhibiteurs de Janus kinase (JAKi) peuvent être prescrits pour la première fois et renouvelés en ville, sans passage obligatoire par l’hôpital. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a modifié leurs conditions de prescription, et ce changement se verra aussi au comptoir de la pharmacie.

En bref
  • Médicaments concernés : Xeljanz, Olumiant, Rinvoq, Jyseleca et Cibinqo.
  • Avant : prescription initiale et suivi annuel obligatoirement à l’hôpital.
  • Depuis le 22 octobre : les mêmes spécialistes peuvent initier et renouveler en cabinet de ville.
  • Les règles de prudence et la carte patient restent en place.

Quels médicaments sont concernés ? #

La décision vise cinq spécialités, listées dans l’annonce de l’ANSM du 22 octobre : Xeljanz (tofacitinib), Olumiant (baricitinib), Rinvoq (upadacitinib), Jyseleca (filgotinib) et Cibinqo (abrocitinib). Chacune dispose d’une fiche dans la base de données publique des médicaments, où figurent la notice et les indications exactes.

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Ces traitements se prennent par voie orale. Ils agissent sur l’inflammation en bloquant des enzymes impliquées dans la réponse immunitaire, d’où leur usage dans des maladies où le système immunitaire s’emballe.

Pour quelles maladies ? #

L’ANSM cite plusieurs affections inflammatoires chroniques : la polyarthrite rhumatoïde, le rhumatisme psoriasique, la spondylarthrite ankylosante, l’arthrite juvénile idiopathique polyarticulaire, la rectocolite hémorragique, la maladie de Crohn, la dermatite atopique, la pelade et l’artérite à cellules géantes.

Toutes ces molécules n’ont pas toutes ces indications : chaque médicament a sa propre liste, précisée dans son autorisation de mise sur le marché. C’est le spécialiste qui choisit, en fonction de la maladie et du profil du patient.

Qu’est-ce qui change concrètement ? #

Jusqu’ici, la prescription initiale et le suivi annuel devaient obligatoirement être réalisés à l’hôpital, par un rhumatologue, un dermatologue, un hépato-gastro-entérologue, un spécialiste de médecine interne, un allergologue ou un pédiatre. Un patient suivi en cabinet devait donc prendre rendez-vous dans un service hospitalier rien que pour obtenir ou renouveler son ordonnance.

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Désormais, ces mêmes médecins peuvent initier et renouveler le traitement, qu’ils exercent en ville ou à l’hôpital. Le médecin généraliste, lui, n’entre pas dans la liste des prescripteurs : la décision reste entre les mains du spécialiste.

Selon l’agence, cette réévaluation a été menée avec les conseils nationaux professionnels concernés et avec les associations de patients. L’objectif affiché est de simplifier le parcours de soins en supprimant la consultation hospitalière obligatoire, sans baisser le niveau de sécurité.

Pourquoi ces traitements restent sous surveillance #

L’assouplissement ne veut pas dire que ces médicaments sont devenus anodins. L’ANSM rappelle qu’ils peuvent provoquer des effets indésirables graves : troubles cardiovasculaires majeurs, infections graves, perforation intestinale, cancers. Ils font l’objet d’une double surveillance, nationale et européenne, depuis les premières autorisations de mise sur le marché, en 2017.

En 2023, une réévaluation européenne de toute la classe a conduit à mettre à jour les notices. Un encadré précise que ces médicaments ne doivent être utilisés qu’en l’absence d’alternative appropriée chez les personnes de 65 ans et plus, chez celles qui ont des antécédents cardiovasculaires ou des facteurs de risque (dont le tabagisme actuel ou ancien de longue durée), et chez celles qui présentent un risque de cancer.

La carte patient : un réflexe à garder #

Chaque traitement s’accompagne de mesures additionnelles de réduction des risques. Le médecin dispose d’une brochure sur la prescription et le suivi. Le patient reçoit une carte patient, qui l’informe sur la sécurité de son traitement et permet aux soignants de savoir ce qu’il prend en cas de prise en charge en urgence.

Ce document est à garder sur soi, avec sa carte Vitale par exemple. Si vous ne l’avez pas reçue ou l’avez perdue, parlez-en à votre spécialiste ou à votre pharmacien : les documents de chaque molécule sont consultables sur le site de l’ANSM.

Ce que cela change à la pharmacie #

Pour le patient, la différence se voit surtout sur l’ordonnance : elle pourra désormais venir d’un cabinet de ville et non plus d’un service hospitalier. Au comptoir, le rôle du pharmacien ne change pas : vérifier que l’ordonnance émane bien d’un des spécialistes autorisés, repérer les interactions avec les autres médicaments, et rappeler les signes qui doivent faire consulter.

Parmi ces signes, la fièvre ou une infection qui traîne, une douleur thoracique, un essoufflement inhabituel ou une douleur abdominale intense méritent un avis médical rapide. En cas d’effet indésirable, il est aussi possible de le déclarer directement sur le portail officiel, en tant que patient.

Questions fréquentes #

Mon médecin traitant peut-il me prescrire un JAKi ?

Non. La prescription reste réservée aux spécialistes cités par l’ANSM (rhumatologues, dermatologues, hépato-gastro-entérologues, internistes, allergologues, pédiatres). La nouveauté, c’est qu’ils peuvent le faire en ville.

Dois-je changer quelque chose à mon traitement en cours ?

Non. La modification porte sur qui peut prescrire et où, pas sur le médicament lui-même. N’arrêtez ni ne modifiez jamais un traitement sans l’avis du médecin qui le suit.

Le suivi annuel à l’hôpital est-il supprimé ?

Il n’est plus obligatoire à l’hôpital : le renouvellement peut se faire chez le spécialiste de ville. Le suivi médical lui-même reste nécessaire, compte tenu des risques de ces médicaments.

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