Depuis le 29 octobre, le code de la santé publique fixe les conditions dans lesquelles votre pharmacien peut évaluer et prendre en charge certains petits problèmes de santé sans passer par le médecin, mais la liste de ces situations n’est pas encore publiée.
- Le décret n° 2026-999 du 26 octobre 2026 est paru au Journal officiel du 28 octobre.
- Le pharmacien pourra soigner, orienter et délivrer des produits, mais uniquement sans prescription obligatoire.
- Chaque prise en charge sera notée dans le dossier médical partagé et transmise au médecin traitant.
- Un arrêté doit encore fixer les situations concernées, et la rémunération reste à négocier.
Plan de l'article
D’où vient cette nouvelle mission ? #
Le texte prolonge Osys, pour « orientation dans le système de soins », une expérimentation menée en officine. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a inscrit la mission dans le code de la santé publique, comme le rappelle Vidal. Il manquait les textes d’application.
« On attendait ce décret depuis un an », a déclaré à Egora Pierre-Olivier Variot, président du syndicat USPO. Le décret concerne les pharmacies d’officine, ainsi que les pharmacies mutualistes et celles de secours minière.
Que pourra faire le pharmacien concrètement ? #
Le décret décrit trois actions possibles après l’évaluation du patient. Le pharmacien peut concourir aux soins de premier recours. Il peut aussi orienter la personne vers un autre professionnel de santé ou vers un service d’urgence. Enfin, il peut délivrer des dispositifs médicaux ou des médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire.
L’orientation compte autant que le soin. Le pharmacien note d’ailleurs dans le dossier les éventuels critères d’exclusion, c’est-à-dire les éléments qui ne lui permettent pas de prendre en charge lui-même la situation. Passer par l’officine ne garantit donc pas d’y être soigné : vous pouvez en ressortir avec le conseil de consulter.
Quelles situations seront concernées ? #
C’est le point encore ouvert. Le décret renvoie à un arrêté qui doit fixer la liste des situations cliniques, les modalités de prise en charge et les exigences techniques pour les locaux. Au 29 octobre, cet arrêté n’était pas publié.
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L’expérimentation donne toutefois une indication. Elle portait sur quatre situations : les plaies simples, les piqûres de tiques, les brûlures du premier degré et les conjonctivites. Vidal parle de conjonctivites sans préciser, alors que Le Quotidien du Pharmacien écrit « conjonctivites allergiques » : seul l’arrêté tranchera.
Le même journal évoque un élargissement possible à l’endométriose, à la lombalgie ou aux céphalées. Rien ne l’acte à ce stade, et il ne faut donc pas s’attendre à trouver ces prises en charge au comptoir pour l’instant.
Pourquoi les syndicats parlent-ils d’un texte trop restrictif ? #
Les syndicats de pharmaciens réclamaient de pouvoir délivrer aussi des médicaments soumis à prescription obligatoire. Ils n’ont pas été suivis. « Cela nous prive des antibiotiques », regrette Pierre-Olivier Variot auprès d’Egora.
Fabrice Camaioni, président de la FSPF, prend l’exemple de la conjonctivite bactérienne purulente dans Le Moniteur des pharmacies : « Délivrer du sérum physiologique, oui, c’est important. Mais ça ne suffit pas. »
Il ne faut pas confondre ce dispositif avec celui des angines et des cystites. Ces deux situations sont sorties de l’expérimentation en 2024, lors de leur passage dans le droit commun. Elles suivent leur propre cadre, et le président de l’USPO rappelle que la délivrance d’un médicament soumis à prescription y est déjà possible.
Que deviennent vos données de santé ? #
Le décret impose une traçabilité détaillée. Le pharmacien inscrit dans le dossier médical partagé la date de l’évaluation, les symptômes et signes observés, sa conclusion, puis les soins réalisés ou le professionnel vers lequel il vous a orienté. Si un produit est délivré, il note son nom, sa posologie et la durée du traitement.
Ces informations partent aussi vers le médecin traitant par messagerie sécurisée de santé. En cas de délivrance d’un produit, un document récapitulatif vous est remis. L’échange doit rester confidentiel, ce qui suppose des locaux permettant un accueil individualisé.
Pour Fabrice Camaioni, cette traçabilité n’est pas contestable sur le fond, mais elle risque de peser sur le travail quotidien si la transmission n’est pas automatisée. Le sujet n’est pas anodin : un service qui prend trop de temps au comptoir a moins de chances d’être proposé partout.
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Quand pourra-t-on en bénéficier ? #
Aucune date n’est annoncée dans les sources consultées. Le Moniteur des pharmacies résume la situation ainsi : le décret est en vigueur, mais il ne suffit pas à rendre le dispositif opérationnel. Il faut d’abord l’arrêté, puis l’accord sur la rémunération, discutée dans le cadre de l’avenant n° 3 à la convention pharmaceutique.
Ces mêmes sources ne disent pas non plus ce que le patient paiera, ni comment l’acte sera remboursé. Mieux vaut donc poser la question à votre pharmacien plutôt que de présumer qu’il propose déjà ce service.
Questions fréquentes #
Mon pharmacien peut-il déjà prendre en charge une plaie ou une piqûre de tique dans ce cadre ?
Le décret est en vigueur depuis le 29 octobre 2026, mais l’arrêté qui doit lister les situations concernées n’était pas publié à cette date. Le dispositif n’est donc pas encore opérationnel.
Pourra-t-il me délivrer un antibiotique sans ordonnance ?
Pas dans ce cadre, limité aux dispositifs médicaux et aux médicaments sans prescription obligatoire. Les angines et les cystites relèvent d’un dispositif distinct, déjà en place.
Mon médecin traitant sera-t-il prévenu ?
Oui. Le pharmacien doit lui transmettre les informations de la prise en charge par messagerie sécurisée de santé et les inscrire dans le dossier médical partagé.




