Quétiapine LP 50 mg : ce qui change à la pharmacie pendant la pénurie

Depuis la mi-octobre, un médicament bien connu des officines manque à l’appel : la quétiapine à libération prolongée dosée à 50 mg. Des retards de fabrication perturbent son approvisionnement, et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié le 22 octobre 2026 une série de mesures de gestion, relayées le 29 octobre par l’Ordre national des pharmaciens. Concrètement, si vous êtes traité par ce dosage, votre pharmacien peut désormais vous remettre une préparation de remplacement sans repasser par votre médecin. On fait le point sur ce qui change au comptoir.

Une tension qui ne touche que le dosage 50 mg #

La quétiapine est un antipsychotique prescrit notamment dans les troubles bipolaires et certains épisodes dépressifs. Selon le point publié par l’ANSM, des retards de fabrication affectent la disponibilité de la forme à libération prolongée (LP) 50 mg depuis la mi-octobre 2026, qu’il s’agisse du Xeroquel LP ou de ses génériques. À ce stade, l’agence ne connaît pas la date de retour à la normale.

Bonne nouvelle en revanche pour les patients sous dosages plus élevés : la couverture en quétiapine LP 300 mg et LP 400 mg reste assurée. De nouveaux approvisionnements en 50 mg sont attendus dans les prochaines semaines, mais l’ANSM prévient qu’ils ne suffiront pas à couvrir la totalité des besoins. D’où la remise en place d’un dispositif déjà éprouvé lors des tensions précédentes.

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Ce que votre pharmacien peut faire sans nouvelle ordonnance #

C’est la mesure la plus importante pour les patients : depuis le 15 octobre 2026, en cas d’indisponibilité de la quétiapine LP 50 mg, le pharmacien peut, à titre exceptionnel et temporaire, la remplacer par une préparation magistrale de quétiapine à libération immédiate (LI), dosée à 50 mg, 100 mg ou 150 mg, sans qu’une nouvelle ordonnance soit nécessaire. La préparation magistrale, c’est un médicament fabriqué à la demande, en officine ou par un façonnier, pour un patient donné.

L’équivalence est précisément encadrée : un comprimé de 50 mg LP pris une fois par jour correspond à une gélule de 50 mg LI le soir au coucher. Le passage d’une forme à libération prolongée à une forme à libération immédiate n’est donc pas anodin, et le moment de prise compte. Si votre traitement change d’apparence ou de rythme, c’est normal — mais n’hésitez pas à faire préciser les choses au comptoir.

La dispensation à l’unité reste la règle

Autre particularité de ce dosage : la dispensation à l’unité demeure obligatoire pour la quétiapine LP 50 mg, conformément à l’arrêté du 12 avril 2025. Votre pharmacien ne vous délivre que le nombre exact de comprimés nécessaires, afin d’éviter que des boîtes entières ne dorment dans les armoires à pharmacie pendant que d’autres patients en manquent.

Du côté des médecins : pas de nouveau traitement, sauf exception #

L’ANSM demande également aux prescripteurs de ne pas initier de nouveau traitement par quétiapine LP 50 mg tant que durent les tensions, sauf dans un cas précis : l’épisode dépressif caractérisé dans le cadre d’un trouble bipolaire. Pour les autres situations, les médecins sont invités à se tourner vers une alternative thérapeutique appropriée dès l’instauration du traitement.

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Cette consigne vise à réserver les stocks disponibles aux patients déjà stabilisés sous ce dosage, pour qui un changement de molécule serait plus risqué qu’un simple ajustement de forme galénique.

Un médicament sous tension récurrente #

Ce n’est pas la première alerte sur la quétiapine. Les difficultés d’approvisionnement sur les formes à libération prolongée reviennent régulièrement depuis deux ans, au point que l’agence avait déjà encadré des préparations magistrales et publié plusieurs conduites à tenir successives, comme le rappelle la communication de l’Ordre national des pharmaciens. Le dosage 50 mg, souvent utilisé en début de traitement ou en ajustement, cristallise les tensions parce que sa demande est forte et sa production concentrée.

La presse professionnelle s’en fait aussi l’écho : Le Quotidien du Pharmacien détaille l’autorisation des préparations magistrales de gélules de 50 mg, qui complète la palette dont disposent les équipes officinales pour assurer la continuité des traitements.

Les bons réflexes si vous êtes concerné #

Premier réflexe : ne pas interrompre votre traitement de votre propre initiative. Un arrêt brutal d’un antipsychotique expose à des effets de sevrage et à une rechute. Si votre pharmacie habituelle n’a plus de quétiapine LP 50 mg, elle peut soit vous orienter vers la préparation magistrale de remplacement, soit vérifier la disponibilité ailleurs.

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Deuxième réflexe : anticiper le renouvellement. Avec la dispensation à l’unité, vous repartez avec un nombre limité de comprimés ; mieux vaut repasser quelques jours avant la fin de votre pilulier plutôt que la veille au soir.

Enfin, si la forme de votre médicament change, notez l’heure de prise indiquée par votre pharmacien. La gélule à libération immédiate se prend le soir au coucher dans le schéma d’équivalence prévu, et tout symptôme inhabituel mérite un signalement rapide à votre médecin ou à votre pharmacien. Les tensions devraient s’atténuer avec les livraisons annoncées, mais en attendant, le circuit officinal a de quoi assurer la continuité des soins sans rupture de traitement.

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